POUR que la poésie, la pestiférée
la pressée en purée de mausolée soit libérée de ses nausées, rasée de son acné, dépoussiérée
POUR lui restituer de son mordant, des sons et des couleurs, un sourire enjôleur, des clins œil ravageurs,
des biceps d'camionneurs, des rythmes tapageurs, d'la bonne humeur,
POUR lui rendre les sens, pas seulement giratoires, pour redonner à sa langue pendante, l'impertinence
et la fraîcheur des tirades hors piste dévalant, toute issue POUR qu'entre légèreté et gravité le choix ne soit pas qui des trousser, mais de porter la confusion, la vérité n'est jamais aussi nue qu'en caleçon POUR que
la poésie, la mal apprise, la récitée comme le Nom du père absent, genoux serrés, si mal articulée, sorte du bois de langue et sur la place harangue POUR que des Vents contraires secouent les pistes asséchées, crèvent la chape de plomb qui pèse sur un territoire comme mis en réserve ...